Belle du Seigneur, Albert Cohen

La première fois que j’ai entendu parlé du livre d’Albert Cohen, Belle du Seigneur, c’était par l’intermédiaire d’une amie qui travaillait dans une librairie. Elle adorait cette ouvrage et avait mené une âpre lutte avec son employeur juif orthodoxe pour pouvoir le maintenir dans les rayons. Pourquoi me direz vous ? Tout simplement parce que la couverture, et pas seulement le contenu, pouvait heurter un public issue du monde de la Torah.

Belle du Seigneur est un bon livre, même un très bon livre. Albert Cohen y décrit les amours entre Ariane et Solal dans la Genève du début du siècle. BDS est un ouvrage relativement long à lire et ce ne sont pas les 1109 pages qui me contrediront. Le poids des mots et le choc… de l’absence des images. Evidemment, les images sont présentes puisque nous les imaginons. J’ai commencé à le lire le vendredi 24 août 2009 (selon mon Moleskine rouge), le jour où une autre admiratrice de cet auteur m’a confié LE livre avec des étoiles plein les yeux.

Comme beaucoup d’autres lecteurs, j’ai un rapport aux livres aussi charnel qu’avec les chansons, la nourriture ou les odeurs. Une bonne chanson est celle qui vous transporte dans un autre univers et un bon livre agit de même, dans la même zone de votre cortex. Chaque page peut vous procurer une agréable sensation ou un sentiment de répulsion. Et bien j’ai apprécié le livre mais je me suis arrêté brutalement à la page 723 et voici la dernière ligne que j’ai lue :

« Ne sais tu point qu’une énigme non expliquée montant à la cervelle y occasionne une turbulence mortelle dénommée méningite ? »

Je n’ai plus le courage de le lire… Je l’ai rendu à sa propriétaire et il a regagné les étagères poussiéreuses de ma bibliothèque virtuelle.