Meshi
Un viol visuel c'est quand tu te mets le doigt dans l'oeil
Un viol visuel c'est quand tu te mets le doigt dans l'oeil
20/08/10

500 millions d’utilisateurs, et moi et moi et moi. 850 millions de photos, émoi émoi émoi. 8 millions de vidéos, émoi émoi émoi. En 2012, la ferme de serveurs informatiques de Prineville, dans l’Oregon, concrétisera le rêve de tous les fans des livres de science fiction : un data center, un méga centre de traitement des données, capable de collecter des milliards d’informations sur des citoyens du monde entier.
La seule et unique nation qui résiste à la déferlante Facebook est la Chine. Le Great Firewall (#GFW), le Grand pare-feu, la Grande Muraille virtuelle de Chine, repousse encore et toujours les attaques des barbares occidentaux et bloque l’accès à Facebook, Twitter et Foursquare. Les utilisateurs chinois n’ont eu d’autre choix que de s’inscrire à Kaixin ou Renren tandis que les occidentaux continuent de se connecter à Facebook via un Virtual Private Network. Evidemment, il ne s’agit pas d’un simple protectionnisme purement commercial et le gouvernement chinois à bien compris l’intérêt pour un Etat de contrôler les informations diffusées par ses citoyens.
Facebook ne souhaite bien évidemment pas officiellement censurer la parole virtuelle des millions de membres de son réseau social [sauf peut être quand des groupes d'activistes comme Greenpeace critiquent la construction de son data center (?)]. Ses objectifs sont avant tout économiques : plus Facebook dispose d’informations précises, plus la valeur commerciale d’une fiche augmente.
La boucle est enfin bouclée pour Mark Zuckerberg qui vient de lancer l’ultime application, Places, qui fait définitivement basculer les serveurs de Facebook en tant que principal Big Brother, après la Chine, dans un monde pas si virtuel. Les utilisateurs de smartphones sont conscients d’être depuis bien longtemps géolocalisés mais la différence avec les applications web de Facebook est qu’ils croisent à l’insu de leur plein gré des informations auprès d’un seul et unique acteur d’internet. Il sera désormais plus difficile de mentir à ses amis car Facebook knows where you are.
Le plus fascinant pour moi dans cette aventure virtuelle est que ce sont des citoyens du monde libre qui acceptent volontairement, même si la pression de l’environnement social n’est pas étrangère (tu n’existes pas si tu n’es pas sur Facebook), de publier des données sur leur vie privée. Facebook, comme Apple, est l’exemple parfait de sociétés qui ont un pouvoir d’attraction irrationnel.
18/08/10
(la photo d’illustration n’a rien à voir… je sais)
Si certains Israéliens considèrent la langue de la Bible comme étant archaïque, il semblerait que d’autres l’apprécient et souhaitent la maîtriser [et pas que des Israéliens]. Un nouveau cours proposé par l’université hébraïque de Jérusalem connaît un succès grandissant : l’enseignement virtuel de la langue du livre le plus vendu (et le moins lu) au monde.
Pour ce faire, l’hébreu biblique est enseigné avec l’outil le plus moderne du village global : internet. Un partenariat a été signé entre l’université et le site d’enseignement à distance eteacher. Le cours virtuel serait identique à celui dispensé entre les murs de l’établissement comme l’obligation d’assiduité, l’envoi d’exercices et le passage d’un examen oral final par vidéo.
Des étudiants du monde entier peuvent désormais suivre en ligne des cours d’hébreu biblique et faire valider leurs acquis dans le cadre de leur formation universitaire. Selon le professeur Israël Bartal, la majorité des étudiants sont des chrétiens qui découvrent avec grand intérêt la langue de la Bible.
Personnellement, je ne vois pas trop l’intérêt de parler une langue totalement artificielle et déconnectée de notre réalité, à la manière des maskilim, les ardents partisans des Lumières juives qui s’efforcèrent de faire renaître du 18e au 19e siècle la langue hébraïque avec des tournures soutenues et des néologismes « bibliques » (c’est le cas de le dire
). L’apprendre, oui. La parler, heeeu non.
16/08/10
A Paris, il y a… des nuages gris, un soleil en deuil entre béton et bitume et des baleines échouées sur un filet de sable goudronneux. Si les ondes orageuses continuent de rompre les kways et de noyer les tshirts avant la rentrée, je vous promets un effondrement sans surprise du cours du moral et une baisse tout aussi brutale de ma consommation de CD et de DVD. Et si après le 15 août, des toxines venues du froid contaminaient nos dernières salades ? En octobre, mon nabaztag a promis… tomorrow, sunshine.
Et puisque nous parlons du mauvais temps, passons le en musique avec Phoenix sous un parapluie ![]()
8/08/10
Le Newsweek a publié récemment la liste des 50 rabbins les plus influents aux Etats-Unis pour l’année 2010. La première place du classement est occupée par un des leaders de la communauté loubavitch, rabbi Yehuda Krinsky (4e place en 2009), suivi de près par Eric Yoffie, president de l’Union du Judaïsme réformé. Voici un extrait de son interview donnée au New York Times :
« Peut-on établir un classement des rabbins ou d’autres guides spirituels comme on le fait pour des athlètes ? Je pense que l’on ne peut pas classer les êtres humains. Chaque personne contribue au bien être d’un autre être humain. Aucun homme ne pense ni ne ressemble à l’autre, chacun dispose d’une chose que l’autre n’a pas. Qui peut dire qu’une personne est plus importante qu’une autre ? De part l’essence même des êtres humains, il n’est pas souhaitable de les classer car nous ne savons pas vraiment quelle est leur mission dans la vie. »
C’est un peu comme si on demandait à Forbes d’établir un classement des plus gros donateurs à des organisations caritatives à travers le monde… un classement vain et inutile. Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit.