Un viol visuel c'est quand tu te mets le doigt dans l'oeil
Archives pour juillet, 2009
Burying Gangsta Dead
30/07/09
Voici sans doute une des meilleures photos que j’ai prises depuis bien longtemps. Comme j’ai l’habitude de dire, le hasard n’existe pas. Je rentrais chez moi en direction de Denfert Rochereau et mon regard s’est immédiatement posé sur les graffitis éphémères réalisés par des artistes devant la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Devant cette fresque urbaine, des ouvriers ont creusé de longues tranchées… Etrange photo prise la veille de Tisha Beav.
Ce qui ne cesse de me fasciner depuis que j’ai pris l’habitude de me balader avec mon reflex est la succession de coïncidences dont je suis le témoin. Photographier dans la rue est l’expérience la plus excitante depuis que l’homme dispose d’outils lui permettant de figer le temps. Lorsque je marche dans la rue, une main serrée autour de mon objectif, je ne cesse d’imaginer les occasions manquées qui se présenteront devant mon appareil photo, que je ne pourrais jamais immortaliser. La nostalgie m’étreint avant même de commencer mon shooting létal.
Certes, mon bon vieux Nikon D40 me permet d’atteindre une vitesse plus que satisfaisante pour désormais me concentrer sur les sujets que je souhaite capturer. Tout dépend de l’humeur et du regard du moment. Une belle photo est avant tout une question de patience, comparable à celle du pécheur isolé sur sa frêle embarcation chahutée par les vagues, et de concentration. Je ne cherche pas à prendre LA photo en toute occasion et circonstance et il m’arrive souvent de revenir bredouille, le barillet rempli de toutes ses cartouches, des gigaoctets que d’autres se seraient empressés de vider sur le premier badaud venu. Prendre une photo ne réclame pas de prouesses techniques particulières mais exige plutôt de la sensibilité. Les plus grands meurtriers ont une mère, le photographe aussi… mdrrr
Une étrange rencontre
20/07/09

Avec un mois de retard, il faut que je vous raconte l’étrange rencontre que j’ai faite dans le PC. Depuis que je prends le bus pour me rendre à mon travail, je rencontre de temps à autre un asiatique d’une cinquantaine d’année. En partant à une heure fixe tous les matins, il n’est pas étonnant de partager la ligne avec des visages qui deviennent progressivement des familiers (mais pas trop près s’il vous plaît lol). Jusqu’à ce jour, le 17 juin, je n’avais pas engagé de quelconque conversation avec l’un des passagers. Bizarrement, cet asiatique m’a invité à prendre place près de lui et nous avons alors commencé à discuter de tout et de rien, de la pluie et du beau temps. Le lendemain, cet homme de plus de 55 ans m’a confié qu’il travaillait pour un service de recouvrement des impôts et ,chemin faisant, ma curiosité naturelle m’a poussé à lui demander quel était son pays d’origine. Le Laos. Je poursuis alors plus en avant notre discussion et lui dit que nous partageons des origines communes. [Silence de quelques microsecondes] Le passager s’appelle A. B. et habite en France depuis plus de 33 ans. Il a trouvé refuge après l’arrivée au pouvoir du parti communiste lao en Thaïlande, dans un camps de réfugiés, avant de finalement trouver asile en France en 1975. C’est à ce moment que les choses deviennent vraiment intéressantes. Il me demande alors le nom de mon père, change subitement de couleur, passe du jaune au blanc, et me dit qu’il a travaillé sous ses ordres…
Pris de panique, je me suis précipité le soir même sur mon clavier pour envoyer un mail et demander la confirmation de ces informations à mon père… Hallucinant, cet homme avec qui j’ai discuté n’est pas un espion qui me filait mais bien un de ses anciens collaborateurs.
It’s a small world!



