Rien n’est trop beau pour la République
0Vendredi 13 janvier 2012, la France a entendu le tocsin sonner à toute volée, le signal d’alarme a été tiré par un passager qui n’était pas dans un des wagons de notre TGV. La machine s’est emballé et le beau mécanisme s’est grippé. «Ce n’est pas la France qui a été dégradée, c’est une politique, c’est une stratégie, c’est une équipe, c’est un gouvernement, c’est un président», dixit François Hollande. Si la justice est aveugle… le mensonge est un vilain défaut. Désolé de te contredire camarade François mais c’est bien la France qui pleure la perte de son triple A. La grande gabegie orchestrée par les politiques a finalement payé mais ce n’est pas seulement la gouvernance de droite qui en est le principal responsable. Un pays plongé dans un terrible marasme économique et fragilisé par sa dépendance pour financer ses dépenses de fonctionnement et surtout l’idée surannée de grandeur. Rien n’est trop beau pour la République. L’amour de la grandeur est l’un des points d’achoppement de la culture française. Peu importe le prix à payer, la grandeur de la France n’a pas de prix et le sport national des politiques qui se succèdent aux pouvoirs est de maintenir coûte que coûte une way of life dispendieuse et, dans la mesure du possible, faire mieux que les précédents pour entretenir leur important réseau d’amitié. Distribuer outrageusement l’argent durement gagné par les contribuables aux apparatchiks de tous bords reste la règle mais elle arrive enfin à son terme. Les crabes de l’Union européenne sont enfermés dans la nasse des agences de notation et pour que l’effondrement du système soit complet, la gauche doit revenir au pouvoir en France. Attendons patiemment une pression fiscale plus importante pour entretenir les profiteurs d’un Etat providence généreux et sans contrôle.
Ch’irai révoir ma Normandie
0« Ch’irai révoir ma Normandie, Daï Daï Daï Daï Daï Daï Daï Daï, C’est la pays qu’
En 2010, la chaîne de télévision anglaise BBC Two diffusait un documentaire en trois parties entièrement consacré à l’histoire de la Normandie et des Normands : the Normans. Depuis ma plus tendre enfance, je suis fasciné par cette période historique et j’ai donc regardé à nouveau cet excellent triptyque présenté par le professeur Robert Bartlett sur la chaîne Histoire. Mais la Normandie n’est pas seulement la terre qui a vu fleurir d’illustres guerriers qui se sont illustrés sur les champs de batailles d’Occident et d’Orient, développé et enrichi les nations conquises, pour finalement s’assimiler aux populations locales… C’est aussi le pays où s’est épanoui la fine fleur du judaïsme français.
En zappant ce matin, je suis tombé un peu par hasard sur l’émission Maison d’études, sur France Culture, qui portait sur « Les juifs en Normandie au Moyen Âge » avec l’historien Gérard Nahon. Une émission qui devrait tout naturellement trouvé un écho favorable aux oreilles des enseignants d’histoire géographie, d’histoire juive (ou du « peuple juif ») et bien entendu de kodesh. L’occasion de rappeler aux auditeurs le rôle fondamental que les communautés juives médiévales en Normandie et en Champagne ont sur le texte religieux le plus important du judaïsme après la Torah : le Talmud. Nos frères d’origine séfarade ont l’habitude de rappeler avec une certaine nostalgie la vie de leurs parents en Afrique du Nord et de louer l’héritage des maîtres du judaïsme espagnol. The kingdom of far far away où l’on dégustait des peanuts, pas à côté, pas n’importe où, sous le soleil exactement, juste en dessous… n’est pas le mien !* :D Oui certes. La période du Moyen Âge est celle qui a vu naître de grands exégètes et de brillants poètes en Espagne (Abraham Ibn Ezra ou encore Yehoudah Halevy pour ne citer qu’eux) mais c’est faire fi du berceau du judaïsme français qui est à l’origine de l’enracinement des communautés juives en Occident. Les communautés juives ashkénazes installées en Normandie et en Champagne sont à l’origine d’un monument littéraire dont on ne cesse de redécouvrir la richesse jour après jour : je veux bien entendu parler de l’oeuvre des Tossafistes. Les commentaires des maîtres spirituels français couronnent le texte du Talmud : les commentaires de rabbi Salomon ben Isaac (aka Rashi) sont collés sur le côté intérieur du texte tandis que ceux de ses disciples, les Tossafistes, sont imprimés sur le côté extérieur de la page. De Téhéran à Hong Kong, de Bueno Aires à Paris… ce sont les commentaires des maîtres français qui exercent depuis des siècles une influence durable sur le judaïsme. De même que Guillaume, le bâtard de Normandie, s’est emparé de la perfide Albion, les juifs de France des maisons d’études.
Cette émission très intéressante n’est malheureusement pas disponible en téléchargement (légal). Le podcast n’est pas mis à jour sur iTunes (ah ben bravo ! on se demande à quoi sert l’argent du contribuable français) et l’émission est « protégée » sur le site web de France Culture. Si vous avez besoin d’aide
* C’est à ce moment là que l’on doit consulter les gloses de Yoav. The kingdom of far far away : le royaume imaginaire de Shrek. peanuts : Jimmy Carter. Sous le soleil exactement : Serge Gainsbourg.
A lire :
URBACH Efraim Elimelech, ba’alei tossafot : toldoteihem, hibureihem, shitatam.
KLEIN Jacques-Sylvain, La Maison Sublime : L’Ecole rabbinique & le Royaume juif de Rouen.
Sherlock – Season 2 on the BBC
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La première saison consacré à Sherlock Holmes produite et diffusée par la BBC avait été une très belle réussite. La seconde saison semble tout aussi prometteuse.Dans ma jeunesse, j’avais apprécié le truculent personnage britannique des romans de Sir Arthur Conan Doyle et le héros flamboyant revisité à la lumière du 21e siècle est tout aussi intéressant. Le célèbre complice de Sherlock, le Dr. John H. Watson, dans le rôle du vétéran d’Iraq est tout aussi agréable à redécouvrir… Je vous recommande de voir la première partie de ce second triptyque dès à présent sur le site web de la BBC et pour ceux qui ne peuvent pas, le trailer de cet épisode sur youtube, A Scandal in Belgravia. Un must-see!
La chanteuse israélienne Rita en version parsit
0« Quelqu’un qui est née en Iran, a grandi et vit en Israël, revient pour chanter dans sa langue maternelle et le pays qui constitue la plus grande menace pour ma propre existence », c’est ainsi qu’une voix off présente Rita à l’occasion de la sortie de son nouvel album.
Je viens d’écouter avec un certain plaisir le nouvel album de Rita, Mes joies (en héb. השמחות שלי hasmahot sheli), qui est bien plus qu’un nouvel opus parmi ceux qui jalonne sa carrière de chanteuse. Rita n’avait pas besoin de prendre le risque d’enregistrer un album en persan plutôt qu’en hébreu et d’évoquer ses racines perses : une jeunesse iranienne, les odeurs de la maison paternelle, les ruelles du quartier où elle est née, d’exprimer ainsi des émotions trop longtemps enfouies qui jaillissent comme des éruptions volcaniques sonores. « On dit qu’un artiste doit toujours se renouveler », confie Rita. « Je ne suis pas nostalgique. Je veux être ici et maintenant et ne pas retourner une seule seconde en arrière parce que j’ai emporté tout ce qu’il y avait là-bas. J’ai tout simplement tout emporté avec moi et amené ici. »
La journaliste du Yediot Aharonot lui déclare : « En fait, vous êtes la réponse culturelle au programme nucléaire iranien ! » Rita : « Je suis la réponse du coeur [..] Je reçois de nombreux mails d’Iranien, d’Iran, qui apprécient et souhaitent assister à un concert. Bien sûr que je veux y aller mais aussi pouvoir repartir… »
Une musique festive qui n’est pas sans rappeler les sons ceux d’Emir Kusturica et de ses compères. J’adore !
http://www.youtube.com/user/ritaofficial